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Petit guide de la legaltech pour les avocats

22 novembre 2018 Legaltech Par:

Le secteur des Legaltech n’est plus vraiment une nouveauté, arrivé depuis déjà plusieurs années dans le quotidien des avocats et autres professionnels du droit. Pourtant, il reste pour beaucoup encore complexe à appréhender, et est, parfois, source de craintes.

Tour d’horizon du b.a.-ba pour comprendre la legaltech et l’utiliser à votre avantage pour développer votre activité.

Mais en fait, la legaltech, c’est quoi exactement ?

Commençons par la base : qu’est-ce que veut dire le mot « legaltech » ?

Ce néologisme est une notion venue de l’anglais, une contraction de « legal » et « technology ». La « legaltech » fait ainsi référence à l’usage de la technologie et de logiciels pour offrir des services juridiques.

En français, on peut parler de « technologie juridique » ou de « technologie au service du droit ».

Le terme « legaltech » désigne ainsi toutes les technologies qui font permettre l’automatisation d’un service juridique :

  • Au niveau du support, c’est-à-dire le document juridique ;
  • Au niveau du processus, c’est-à-dire la procédure juridique ;
  • Au niveau de la relation avec les professionnels du droit.

Plus que jamais, la legaltech fait partie intégrante de l’écosystème juridique. Elle répond, en effet, à des besoins grandissants des professionnels du droit, comme les avocats qu’elle va aider dans le cadre de leur pratique, mais pas que.

Ainsi, le champ d’action de la legaltech va également s’étendre directement aux justiciables :

  • Pour les particuliers, elle va répondre à un besoin grandissant d’accès au droit ;
  • Pour les entreprises, elle va les accompagner pour toutes leurs actions juridiques.

Afin de mettre en pratique ces technologies au service du droit, de nombreuses entreprises et start-ups (appelées communément « legaltechs ») proposent désormais des services plus ou moins novateurs. Si on parlait il y a quelques années de rédactions d’actes ou de démocratisation d’accès à un avocat, la legaltech explore désormais l’intelligence artificielle, la blockchain ou encore la modélisation de données.

Les legaltechs facilitent l’accès aux nouvelles technologies, déjà courantes
dans d’autres secteurs, pour les professionnels du droit.

Au vu de la définition de la legaltech, il y a de quoi avoir des sueurs froides, n’est-ce pas ? « Automatisation d’un service juridique », « intelligence artificielle »… Vous vous voyez certainement déjà remplacé par un robot…

La legaltech est-elle ainsi une menace pour les avocats ?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord accepter que le métier d’avocat soit en pleine digitalisation. Si les avocats avaient pu passer entre les mailles du filet, il est maintenant impossible d’ignorer la révolution numérique à laquelle fait face la profession.

Désormais, les justiciables se tournent d’abord vers Internet pour leurs questions juridiques, les prestations à distances sont attendues, et les comparaisons et notations de services sont monnaie courantes pour tant d’autres secteurs.

Lire l’interview de Maître Gilliot : « S’opposer à la digitalisation est contre-productif »

Dans ce contexte, la legaltech met-elle en péril l’avenir de la profession d’avocat ou est-elle une opportunité à saisir pour se mettre à la page ?

Si l’émergence des legaltechs présente un avantage, c’est de rendre accessible les dernières technologies aux avocats. Le but est multiple :

  • Faciliter et alléger votre charge de travail ;
  • Vous aider à développer votre activité et votre clientèle ;
  • Et même métamorphoser votre service pour répondre aux nouvelles attentes des justiciables.

La legaltech pour alléger le travail des avocats

La legaltech existe pour faciliter et alléger le travail des avocats. Non pas pour les remplacer, mais pour travailler en tandem avec eux. Car une vraie complémentarité existe entre legaltechs et avocats : ces start-ups ont besoin de l’expertise des avocats pour proposer un service de qualité mais également gagner en crédibilité.

En retour, l’avocat peut profiter d’outils et services innovants qui permettent d’absorber les tâches répétitives, chronophages et standardisées qui saturent certains professionnels (comme la rédaction de contrat, par exemple). La finalité : faire gagner du temps aux avocats, un temps qu’ils peuvent consacrer à leur cœur de métier, le conseil et la défense.

Les 3/4 des entreprises de l’écosystème de la legaltech en France sont des startups.

La legaltech comme apporteur d’affaire

Avec l’avènement d’Internet, les habitudes de consommation ont changé. Aujourd’hui, 80 % des internautes déclarent avoir recours à Internet pour se renseigner avant d’acheter un produit ou un service [1].

Un avocat ne peut donc plus se permettre de négliger sa présence en ligne. Il s’agit d’un levier d’acquisition de nouveaux clients qu’il est indispensable de développer, notamment sur un secteur de plus en plus concurrentiel : le nombre d’avocats a augmenté de +38% en France [2] et de +19% en Belgique [3] en 10 ans.

La legaltech est aujourd’hui un des meilleurs moyens pour vous référencer sur Internet et gagner en visibilité auprès d’un marché identifié, par exemple en devenant partenaire d’un réseau comme mon-avocat.fr en France ou my-lawyer.be en Belgique.

La legaltech comme axe d’innovation

Là où la legaltech brille le plus, c’est dans sa capacité à soulever des problématiques nouvelles sur le marché du droit, jusque-là ignorées des justiciables, comme des avocats. De concert avec les professionnels du droit, la legaltech peut donner lieu à de nouveaux besoins en services juridiques et amorcer une réelle transformation de la profession.

Le partenariat entre legaltech et avocat peut alors chercher à créer des services et prestations numériques de qualité, qui convaincront de nouveaux clients à pousser les portes physiques du cabinet. Un moyen de se différencier de la concurrence et de fidéliser une clientèle nouvelle.

Les grands chiffres de la legaltech en France

La legaltech est elle-même découpée en différents domaines et secteurs en fonction des services proposés. Voici quelques chiffres clés compilés par le Village de la Justice [4] :

  • 183 acteurs et services en France
  • 37% concernent la rédaction d’actes et documents juridiques
  • 20% concernent la mise en relation avec des particuliers
  • 18% concernent la mise en relation avec des entreprises
  • 74% des legaltechs sont des start-ups

[1] https://www.reputationvip.com/fr/blog/sondage-ifop-reputation-vip-linfluence-de-le-reputation-sur-lacte-dachat
[2] http://www.justice.gouv.fr/justice-civile-11861/statistiques-11870/statistiques-2018-sur-la-profession-davocat-31786.html
[3] https://www.lecho.be/entreprises/services/jamais-le-metier-d-avocat-n-a-ete-aussi-prise-mais/9999438.html
[4] https://www.village-justice.com/articles/Les-start-up-droit,18224.html


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