La loi pour une République numérique du 7 octobre 2016 a considérablement fait évoluer la profession d’avocat. En effet, cette loi ouvre au numérique et aux nouvelles technologies une profession n’ayant connu que peu d’évolution depuis de nombreuses années.

Parmi ces évolutions, il y a la mise en service de logiciels intelligents pour faciliter le travail des avocats. L’exemple le plus marquant est le logiciel d’intelligence artificielle développé par la banque privée JPMorgan qui a permis de faire en 1 seconde, un travail que leur équipe d’avocats effectuait auparavant en 360 000 heures.

Cet exemple introduit le problème que soulève ce type de technologie : les intelligences artificielles vont-elles à terme remplacer le métier d’avocat ? Les avocats doivent-ils redouter une mise en concurrence avec la technologie ?

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Quand la révolution numérique rencontre la sphère juridique

Si cette IA développée par JPMorgan peut faire peur pour l’avenir de ses juristes, cela peut aussi être vu comme une évolution de cette profession. L’interprétation d’accords de prêts commerciaux est une tâche rébarbative où les erreurs humaines sont fréquentes.

L’automatisation de cette pratique permet à JPMorgan de se positionner comme un leader de la technologie des services financiers mais va probablement les pousser à se séparer d’un certain nombre de juristes. Selon une étude menée par le New York Times, ce type de technologie va faire baisser de 13% les heures de travail des avocats.

Il existe donc bel et bien un risque de mise en concurrence des avocats d’entreprise et de ces nouvelles technologies, naturellement défavorable aux avocats qui sont considérés comme plus lents, plus chers et plus faillibles.


La révolution numérique au service des avocats ?

D’un autre côté, les logiciels de justice prédictive tel que Prédictice se multiplient très rapidement et apparaissent comme des outils pertinents pour les avocats indépendants ou associés. Ces algorithmes permettent de calculer les probabilités de remporter un litige… Et donc d’adapter sa stratégie en conséquence.

Ces outils statistiques sont donc un moyen de se décharger du travail de recherche et de se concentrer sur la stratégie à adopter face à la réalité statistique du litige. 

Néanmoins, gare aux dérives de ce système comme la possibilité de choisir son juge en fonction de la décision qu’on attend de lui (ou qu’il a habitude de prendre). 


Le conseil, nouvel horizon des avocats

Bien que le stade d’avancement de ces technologies soit encore embryonnaire, une démocratisation rapide de ces outils est à prévoir. Si le métier d’avocat ne devrait pas être affecté dans son essence, c'est le modèle d'affaires des cabinets qui devrait être impacté.

En effet, l’avocat libéré des tâches basiques et chronophages pourra se concentrer sur l’écoute du justiciable et la mise en place d’une stratégie adaptée pour résoudre le litige. Ces technologies peuvent donc donner un nouveau souffle au métier d’avocat car aucune IA ou technologie ne pourra remplacer l’œil expert et la capacité d’analyse d’un avocat.

Ainsi, le numérique est en train de transformer le métier d’avocat et si les nouvelles technologies peuvent faire peur dans un premier temps, elles n’affecteront finalement pas l’essence du métier d’avocat qui reste l’écoute, le conseil et la prise en charge émotionnelle du justiciable.

À la vitesse où vont l’innovation et le monde d’aujourd’hui, les choses risquent de changer extrêmement rapidement et ceux qui n’auront pas su ou pu s’adapter prendront un retard pénalisant par rapport au reste de la profession.

 

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