Alexiane Wyns, avocate au barreau de Bruxelles, utilise YouTube avec succès pour assurer la promotion de ses activités. Comment fait-elle ?

Lauréate du Prix de l'Innovation 2017 de l'incubateur d'Avocats.be, elle tient une chaîne YouTube régulièrement mise à jour où elle distille ses conseils en droit commercial et des sociétés à une audience de plus de 1000 abonnés.

Alexiane Wyns a accepté de répondre à nos questions sur la place qu'occupe le numérique dans son quotidien de professionnelle du droit.

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Crédit : Le Soir.be

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Avant mes études de droit, je suis partie étudier le chinois à l’Université Normale de Pékin. Cette expérience a eu beaucoup d’influence dans ma vie et dans mes choix d’études pour orienter mon parcours vers l’international. A l’époque, je rêvais de pouvoir un jour pratiquer en tant qu’avocate en Chine. Cela m’a menée à débuter en tant qu’avocate au Barreau de Bruxelles en 2011, d’abord au sein d’un cabinet de niche spécialisé dans les affaires avec la Chine. Je suis d’ailleurs allée travailler à Pékin pendant quelques mois.

Puis, j’ai rejoint un cabinet international où j’ai collaboré pendant deux ans au sein de l’équipe Corporate-M&A.

Après ces expériences, je me suis fortement remise en question car j’aimais ce que je faisais mais la routine s’installait et je rêvais de nouveaux défis. Je commençais à développer ma clientèle, je voulais que mon travail ait un réel impact positif, je voulais aussi retrouver une qualité de vie et donner un nouveau sens à mon activité.

J’ai donc décidé de me lancer à mon compte, en toute indépendance, il y a maintenant presque deux ans.

 

Vous avez été reconnue pour vos videos, où vous vous adressez à des entreprises (start-up/PME) afin de leur donner des conseils juridiques. D’où vous est venu cette idée ?

Quand j’ai créé mon cabinet, je me suis inscrite dans un espace de coworking qui regorge de talents créatifs, actifs dans les technologies et le numérique. C’était une très bonne décision car j’ai vite compris que je devais miser sur le numérique pour développer mon cabinet.

J’ai commencé par donner des workshops sur la thématique des impayés mais je me rendais compte que l’audience que j’atteignais était fort limitée : les gens devaient être disponibles tel jour à telle heure et la thématique devait les concerner ce jour-là précisément.

Je cherchais une solution pour optimiser ça : comment atteindre plus de monde en y consacrant moins de temps ?

De plus, je remarquais que tous les clients qui me consultaient pour le même type de problème avaient tous les mêmes premières questions basiques. Je cherchais également un moyen d’améliorer ça. Et puis, en en parlant avec mes clients, l’idée m’a été soufflée de proposer du contenu en vidéos. Je n’y connaissais absolument rien mais l’idée m’a plue.

Je me suis formée grâce à YouTube en regardant des vidéos sur “comment créer sa chaîne YouTube” et j’ai découvert l’immense potentiel du webmarketing. Je publie entre 3 à 5 vidéos par semaine et le prix de l'innovation de l'incubateur d'Avocats.be m’a été décerné pour l’effort de vulgarisation que j’apporte au droit, en le rendant aussi accessible que possible à des non-juristes.

 

Alexiane Wyns - YouTube

Entreprise vs Société : quelle différence ?

 

Vous vendez des programmes d’accompagnement juridiques 100% numériques, payables en ligne… est-ce que devenir une avocate 100% digitale vous attirerait ?

Oui ! Il y a plein de secteurs dans lesquels il est possible de totalement digitaliser son activité, alors pourquoi la profession d’avocat devrait faire figure d’exception ? On peut très bien digitaliser notre métier sans pour autant perdre le côté humain.

Je rêverais de pouvoir être une avocate “digital nomad”. J’ai d’ailleurs tenté l’expérience pour trois jours l’été dernier pendant les vacances judiciaires et j’en ai fait des vidéos.

Le seul problème, c’est lorsque l’on a une affaire à plaider, on n’a pas le choix que d’être présent en salle d’audience. Mais qui sait, peut-être qu’un jour on se connectera à une salle d’audience virtuelle et que l’on plaidera par hologramme.

 

Quel est votre prochain grand défi ?

Mon plus grand défi c’est maintenant de faire grandir le cabinet autour de ce projet numérique en réunissant des confrères qui sont aussi enthousiastes que moi face au numérique. J’y vois un levier de croissance puissant qui permet aussi de gagner en qualité de vie.

J’ai recruté une collaboratrice il y a quelques mois. On avance dans la préparation du lancement du cabinet, prévue si tout se passe bien pour fin du mois de juin 2018.

 

La présence en ligne est une problématique importante aujourd’hui pour les avocats qui doivent se démarquer sur Internet. Que conseillerez-vous à un jeune avocat qui s’installe afin de développer sa “clientèle numérique” ?

De créer une chaîne YouTube !

C’est une occasion formidable de se présenter de manière authentique à nos clients et futurs clients. Il y a un véritable lien de confiance qui se crée avant même que les clients ne nous rencontrent pour la première fois.

 

Que pensez-vous des forums juridiques gratuits ?

La même chose que des forums médicaux gratuits. Quand vous êtes malade et que vous allez lire ce qui se dit sur de tels forums, vous pourriez conclure que vous êtes gravement malade alors que ce n’est pas le cas. Il faut bien évidemment toujours faire la part des choses entre le contenu qui se trouve sur ces forums et qui a rédigé les réponses proposées. De plus, il est très fréquent d’y lire tout et son contraire.

Je ne suis pas franchement favorable à ces forums et je pense qu’il est préférable pour un avocat de ne pas y participer.

En Belgique, la déontologie nous interdit de le faire.

 

Que pensez-vous des legal techs créatrices de droit ?

De manière générale, je suis très favorable aux legal techs qui se développent au service des avocats. Qui refuserait des outils d’optimisation des processus du cabinet ?

Là où je suis plus mitigée, c’est lorsque les legal techs font croire aux citoyens qu’ils peuvent se passer d’un avocat en téléchargeant des modèles en ligne à moindre coût. C’est tromper le client en lui faisant miroiter une protection au niveau juridique alors que ce type de contrat risque d’être d’une faible utilité en cas de litige à défendre devant un tribunal.

 

Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?

Infirmière ou médecin, dès que je vois une goutte de sang, je tombe dans les pommes !

 

Si vous deviez être un fruit, lequel seriez-vous ?

Je ne vais pas dire un avocat ! 🥑

Ca a la peau fripée, c’est mou et ça a une boule dans le ventre…

Je dirais un fruit du dragon : à première vue, c’est un peu bizarre, peu de gens en ont déjà vu. C’est un fruit très coloré de la famille des cactus, on en consomme beaucoup en Asie. Ca a l’air de piquer mais finalement, c’est inoffensif et plutôt bon.

Retrouvez le site internet d'Alexiane Wyns juste ici.

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